De bric et de broc

3 enfants, 1 mari, pas de chien ! Notre "trépidante" vie de famille à l'étranger... Reflexions faites de bric et de broc!

05 mai 2008

C'est bank holiday !

Hier, j’ai profité d’un des avantage non négligeable de  notre belle capitale. Lorsque je dis belle capitale, je parle de celle dans laquelle je vis, bien qu’en tant que Française, ma capitale à moi reste la belle Parisienne…

Donc un des élément qui place Londres, largement au dessus du reste du monde ( vous remarquerez ici que je suis d’une modestie incroyable), c’est son domaine culturelle !

Oui, je lis déjà vos pensées critiques et  j’entends vos reproches tomber : Qu’est ce qu’elle croit Risette que Paris a quelque chose à envier à Londres d’un point de vue culturelle !?

Oui ! J’assume et je le crie haut et fort : oui….

Paris ( Parisiens sensibles s’abstenir) fait payer la culture, à Londres elle est gratuite…

Alors Français ? Oui, forcément, ça calme ! Bon, je calme aussi mes ardeurs, tout n’est pas gratuit à Londres… Les expos sont payantes, bien que leur prix restent très abordables, avec des tarifs enfants plus que raisonnables, souvent gratuits… Et surtout : l’entrée des musées est totalement gratuite…

Lorsque comme moi, on est pas concerné par la garde alternée, et qu’on a 3 enfants à 100% du temps, même celui dit « libre » -oui, là je l’accorde à tous les célibataires qui passent par là, un temps libre avec trois enfants n’a rien d’une liberté dans un concept purement intellectuel-  l’entrée gratuite dans les musées est une bénédiction.

« Aujourd’hui, les enfants, c’est temps libre : c’est musée ! »,  sur un air d’ « aujourd’hui c’est lundi : c’est ravioli ! » ( la vie est un long fleuve tranquille)… Trois enfants ( qui n’ont rien de le Quesnois hélas, mais comment fait-elle madame le Quesnois pour avoir des enfants nickels, bien élevés, calmes et polis ??) crient en cœur : « Chouette ! », oui, et en plus, c’est là le miracle : ils le pensent…

Sûrement parce qu’ils sont gratos, les musées sont remplis de bambins ( je fais référence à la note de Louise (http://mesamoursmesenmerdes.hautetfort.com/archive/2008/05/02/la-halte.html): si tu cherches les mômes à Londres mieux vaut aller au musée, pas dans les squares).

De plus, ce qu’il y a de très différent par rapport à notre « Culture » française, et ce, parce qu’elle est gratuite, elle devient accessible à tous sur un pied d’égalité, et surtout elle perd son statut de sacro sainte supériorité intellectuelle et sociale !

Loin de l’austérité des musées français, dans les musées anglais, les enfants crient, courent, observent, touchent, s’extasient, s’en foutent, s’enchantent, font du bruits… Et personne ne les rappelle à l’ordre !

Pas de : « chut, ne fait pas de bruit tout le monde va t’entendre ! ». Non, les londoniens ont le droit de se divertir dans les musées, et aux nombres de personnes présentes et joyeuses : ils s’amusent… On va au musée se distraire, on ne va pas à la messe !

Autre avantage de rentrer gratos, c’est que dès que l’un d’entre nous montre un signe de lassitude, on se fait la malle… C’est vraiment pas grave si on a pas tout vu, on reviendra faire les autres salles un autre jour…

En France lorsque je payais parfois jusqu’à 15 euros l’entrée de notre musée, je vous jure que faisais en sorte que mon billet soit rentable et mon argent bien dépensé… Les gamins tenus au silence, n’en pouvaient plus, « y a encore beaucoup de pièce dans ce musée, maman ? » chuchotaient ils suppliants, implorants. « Oui, et quand on a fini, on recommence y a des trucs que j’ai pas bien vu », répondais-je sadique, les 15€ encore en travers de la gorge.

A Londres, c’est moi qui supplient les enfants de sortir, hier 4 heures de musée m’ont littéralement coupé les jambes, bien qu’eux en demandaient encore et toujours plus…

A Edinburgh, dès qu’il se mettait à pleuvoir, plutôt que de sortir notre parapluie –rarement utile sauf à se retourner et à rendre l’âme, à cause du vent qui accompagne toujours l’ondée- on se précipitait dans le premier musée, on s’y amusait jusqu’à ce que le pluie n’aille mouiller d’autres contrées.

Dans le musée londonien on trouve donc de tout, y compris des locaux, ce qui n’est pas toujours le cas en France. En plus, les appareils photos sont autorisés, la bouffe aussi, concept culturel cher aux anglais, qui ne se déplacent jamais sans leurs paquets de chips ( et leurs bières en général, mais pas dans le musée quand même !).

Hier, donc la foule était présente.

Poussettes, gamins, morveux, enfants chics à robe liberty et manches ballons (un peu vétuste), la bande des pouffes écossaises à poil, le moine tibétain, le grand-père avec ses petits enfants, la famille, le couple éperdument amoureux, l’anglais obèse, la mannequin so style venue sans doute faire son défilé vue la tenue, les punks, les gothiques de 12 ans, la maman qui allaite, le papa qui donne le biberon, le vieux à cannes….

Dans cette foule, nous avons reconnu tout de suite le Français distingué par sa courtoisie, et sa faculté à toujours déroger à la règle de la queue… Nul n’est bon français s’il ne passe devant tout le monde en faisant air de ne pas s’apercevoir qu’il y avait une file d’attente, on peut pousser l’attitude « jusqu’au boutiste » : mains dans le jean et sifflement désinvolte. Il était présent.

J’ai senti le regard du polonais se poser avec insistance sur mes seins… Merde, mon chemisier était mal boutonné et offrait une vue panoramique de ma poitrine ! Il l’avait tout de suite repéré ! Je l’ai remis en place, t’es venu pour voir les dinosaures, pas mon buste, sale bête !

Le brassage sociale était encore plus marqué qu’au pub !

Le hic, quand même, c’est lorsqu’on voudrait faire le musée au calme, sans gamins qui courent, sans qu’un regard plonge dans votre corsage, j’ai la parade : y aller tôt de préférence les jours d’école.

A tous les touristes londoniens, et à vous particulièrement chers lecteurs adorés qui projetaient un week-end à Londres prochainement, je voudrais toutefois vous faire part d’une information capitale.

Pour que tous ces musées soient gratuits, il va de soit que, nous, locaux, nous payons très cher une cote immobilière dont je n’oserai évoquer le montant par respect pour vos oreilles chastes et innocentes, mais qui dépasse largement tout entendement, et qui n’égale en rien la cote immobilière parisienne… Cet impôt répondant au doux nom de council Tax est monstrueusement phénoménal, et ne tient absolument pas compte ni de votre situation familiale, ni de votre situation financière. La council tax est indépendante, libre, surprenante, envahissante, obligatoire…

La prochaine fois donc, que vous mettrez les pieds dans les musées gratuits londoniens, je compte sur vous pour avoir une pensée émue pour tous les locaux qui raquent pour votre plus grand plaisir !

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Posté par risette à 10:11 - Vie de famille à Londres - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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