De bric et de broc

3 enfants, 1 mari, pas de chien ! Notre "trépidante" vie de famille à l'étranger... Reflexions faites de bric et de broc!

15 mai 2008

Je soutiens ....

Coup de téléphone de ma fille

« Je suis en détention ! ».

Oh my god, mon sang ne fait qu’un tour ma petite puce d’amour dans les prisons sordides londonienne.

« Ne parles pas ma puce, n’avoues rien, j’appelle l’ambassade, je cherche un avocat ! »

Pas  besoin, elle me rassure, la détention c’est la retenue, elle est en colle quoi.

-         Ma pov chérie, en plus je suis sure, tu n’as rien fait je suppose ?

-         Non rien ( bien sûr !).

-         C’est les autres ?

-         Oui ( naturellement, c’est ma fille !).

-         C’est p’têt même la faute A sarko ? ( j’insiste sur le A)

-         P’têt’ même ( bah bien sûr tout est de sa faute, il l’a dit !).

Bon la classe a mit une demi-heure à se taire lorsque la maîtresse est arrivée en cours, du coup elle récupère, normal !

Ca me rappelle moi.

Autrement moins bonne élève, moins consciencieuse, moins studieuse, et plus je m’en foutiste.

Combien d’heures de colles ai je faites ?

Je ne pourrai jamais comptabiliser.

C’était la réponse du prof impuissant face à l’élève indomptable.

Cruelle, je l’ai été.

En seconde une prof d’allemand dépressive et en instance de divorce était devenue notre tête de turc. Elle s’était présentée à nous fragile, on a pas aimé. On ne présente pas sa fragilité à des adolescents en mal être.

Avant d’entrer on pariait sur le temps qu’on prendrait  à la faire craquer. 7 minutes ? Oki ! On avait 7 minutes, si elle craquait à 6, on avait perdu. On ne doutait pas instant qu’elle fondrait bien en larme, le tout était de chronométrer minutieusement ce qui allait provoquer ces larmes. C’était vache, sadique même, hein ? Si y a des profs qui me lisent, ils vont paniquer !

Ce ne sont pas mes meilleures années loin de là, je ne garde d’ailleurs aucuns copains du temps ou nous nous croyions invincibles en bande…

Des années plus tard, en repos chez ma mère suite à la naissance de mon second, je découvris avec joie le faire part de mariage de l’un d’entre eux, aimanté sur le frigo. Ca m’a fait drôle, retrouver quelqu’un comme ça, savoir ce qu’il devient, qu’il est devenu un homme, bientôt marié...

Le soir maman avait un bridge ou elle rencontrait les copains de ce mariage, elle leur demanderait pour moi ce qu’il devenait. En rentrant, elle a eu du mal à m’annoncer qu’il était décédé l’avant veille dans un accident de voiture.

J’étais toute triste, même si je ne l’avais jamais revu depuis ces années. Ca m’a travaillé longtemps. Et puis par rapport à mon fils, je le regardais autrement, pour combien de temps allais-je l’élever mon petit bout ??

Les profs qui m’ont le plus marqués, furent sans conteste ceux qui n’étaient pas dénués d’autorité. Ceux que l’on respectait et qui nous le rendaient à la baguette.

Ce prof d’Allemand au collège, à l’allure autoritaire, il faisait peur aux élèves rien qu’en longeant les couloirs. Il savait être drôle, qu’est ce qu’on a rit avec lui.. Mais on a bossé, on en a bouffé de l’Allemand jusqu’à dégueuler…

Je l’ai eu 3 années, trois années de bonheurs où je me suis découverte une passion pour l’Allemand ( et bien sûr pour les Allemands).

A l’époque nous devions portés la blouse blanche, on la taguait pour la rendre grise, par provocation…  Le prof d’Allemand nous les faisait porter à l’envers, il avait des solutions à tous les problèmes…

Je me souviens aussi de la prof d’histoire de première tellement passionnée qu’elle n’a jamais dépassé la moitié du programme, nous prions pour ne pas l’avoir en terminale. Mais qu’est ce qu’on en a appris des histoires dans tous les sens du terme cette année là, j’ai enfin compris l’intérêt de l’Histoire, cette soif de comprendre en imbriquant passé et présent ne m’a jamais quittée.

Le prof de Français, écrivain hors des cours, qui nous laissait débattre des heures sur un texte. J’ai lu Racine, Rousseau, Lamartine, Colette, Mauriac des tonnes de fois sans me lasser, redécouvrant chaque fois une lecture différente. Aujourd’hui encore. Coup de foudre pour Beckett grâce à lui.

Puis tous ceux que l’on a traumatisé.

L’eau dans les chaussures, c’était moi !

La colle sur le chaise aussi.

Mes retards réputés avec des excuses aussi improbables que la fusée n’a pas décollée.

Mes heures de physiques et de bio passée devant « Grease », ou au café d’en face.

Ma grand-mère ( mais laquelle) décédée une bonne vingtaine de fois…

Mes règles à chaque cours de sport…

Celui qui nous sermonnait avec sa théorie de l’élastique, « on tire, on tire, on tire tellement que paf, à la fin, il se casse ! » Démonstration à l’appui l’élastique cédait, et le prof ne pouvait alors réprimer une grimace de douleurs lorsqu’il s’éclatait sur ses doigts boudinés !

Les cours où nous arrivions bourrés !

Ceux pendant lesquels nous lisions sous la table.

Ceux où nous jouions au solitaire.

Tous ceux là nous ennuyaient profondément. Leurs théories ne nous apprenaient rien.

Tous ces profs que nous oublions, qui passent inaperçus, ils traversent nos vies sans laisser de traces, et réciproquement certainement.

Les petits malins, ceux qui nous mettaient au défi, qui nous testaient.

Ce prof de physiques en première qui annonça dès le premier jour que la meilleure note qu’il mettrait serait 16, et que donc nous n’aurions jamais 16. J’ai eu 16 de moyenne à l’année. Un record, jamais j’avais tant bossé cette matière.

Les petits jeunes qui allaient révolutionner le nerfs de la guerre : peine perdue.

Les manifs, les sitting au rythme de «  Savary si tu savais ta réforme, ta réforme.. Monory, ou on s’la met !»«  Devaquet t’es foutu les lycéens sont dans la rue ! »…

J’ai décroché mon bac.. Un miracle !

Puis comble de l’ironie, après mes études, j’ai moi même enseigné… Je n’étais pas prof. Je donnais des cours d’arts aux collégiens. Des SEGPAS, pour ceux qui connaissent, pas les plus faciles. Presque tous issus des gens du voyage. J’ai aimé ces gosses, j’ai craqué pour les gros durs du fond de la classe, ce sont eux qui m’amusaient le plus…

Lors de ma seconde rentrée, mon plus beau cadeau est venu de deux élèves différents :

-         Eh Risette, ( j’avais quasi leur âge alors je voulais pas qu’il m’appelle madame), pendant les vacances j’ai emmené mes parents au musée d’art contemporain que vous nous aviez fait visiter !

Alléluia ! Bonheur ! L’un des parents avait trouvé ça bizarre, le second intéressant et promis d’y revenir avec sa fille..

C’est dur d’être prof, c’est pas donné à tout le monde…

J’ai une chance d’enfer avec mes mômes, ils ne sont tombés que sur les meilleurs profs du monde, qui chaque fois prends la première place du précédent… Je touche du bois…

Le bon prof, c’est celui qui n’est jamais notre copain, (on en a pas besoin des copains à cet age là, on a tout ce qu’il nous faut), mais il n’est jamais notre ennemi non plus, deux frontières, deux limites à ne jamais dépasser… Il doit s’imposer et quoi qu’il fasse doit tenir bon, avoir raison, respecter et se faire respecter…

C’est là que sarko a échoué…

« Darkos t’es foutu les Instites sont dans la rue ! ».

Je suis avec vous !

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Posté par risette à 06:57 - Moi, Moi, Moi et moi... - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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