De bric et de broc

3 enfants, 1 mari, pas de chien ! Notre "trépidante" vie de famille à l'étranger... Démenagements, voyages, vie quotidienne. Reflexions faites de bric et de broc!

28 novembre 2008

See you...

Je la connais bien Risette, bein si… Je l’ai rencontrée y a quelques années déjà, quand son père et sa mère, aidés d’une ovule et d’un spermatozoïde… Enfin, je ne vous fait pas de dessin…

Moi, ça faisait un moment que je traînais à la recherche d’un corps… Alors voilà, je suis devenue Risette.

Nous avons donc grandit elle et moi, son enfance ne fut pas spécialement heureuse, ni spécialement malheureuse, non, on ne peut pas dire ça… Et puis Risette, elle avait toujours le sourire, vous vous souvenez elle avait reçu le premier prix du sourire et de la camaraderie…

Quand elle a eu 18 ans la Risette, elle a décidé que son passé ne lui appartenait pas, du moins pas à la Risette qui allait naître en tant qu’adulte… Elle a fait sa résilience, elle a pardonné, ouvert ses chakras, donné des points à son karma… Maintenant, c’est vrai elle a réussi, le passé, c’est le passé… C’est vers l’avenir qu’elle est tournée, sans regret.

En approchant de ses vingt ans, elle a rencontré l’Homme, elle était déjà un peu avec un homme, mais l’Homme l’a viré, si, si je suis témoin c’est l’Homme qui a viré l’homme, Risette elle a pas eu son mot à dire, mais ça l’arrangeait bien. Elle pensait que ça durerait un petit bout de chemin avec l’Homme, quelques mois peut-être, un record… Mais 17 ans plus tard et 3 enfants après, force est de constater que ça dure encore… Avec des hauts et des bas, comme dans tout les couples, pas de modèle du genre dans celui-ci.

L’aîné de Risette est une charmante fille intelligente, bosseuse, besogneuse, sure d’elle, dé-stressée de la vie après son séjour en Angleterre, qui aime le théâtre et la lecture, la science et l’art, les copains et la politique… Elle entre tranquillement mais sûrement dans son adolescence… Risette a un peu peur de l’alcool, des joints, des mecs qui l’approcheront peut-être, mais en même temps c’est la vie qui la gagne…

Le second est un épicurien toujours heureux, mais justement tellement toujours satisfait qu’il se contente de tout, et ne se bat pas beaucoup pour avoir mieux, ce qui inquiète un peu Risette. Il a un coup de crayon de génie, et c’est un musicien de talent… Quoi, le jour où il aura envie de faire un peu de musique pendant ses heures libres, mais là justement, il n’a pas trop envie… Ca va bien, c’est cool comme ça.

Le troisième est Hyper mignon, sportif hors pair surtout avec un ballon dans les pieds, mais comme Risette l’a déjà évoqué, il est par deux fois handicapé. La surdité dans un premier temps qui par chance se guérira, et puis un problème neurologique d’un autre côté, qui lui ne se guérira jamais. Mais Risette a confiance en lui, parce qu’il est Hyper charmeur, et Hyper social, Hyper heureux, et même Hyper tout court, puisque Hyper est son mot favori placé à toutes les sauces…

Risette elle est dépassé en ce moment, et pour sortir de sa vie quotidienne, elle cherche du boulot… Oui, elle le sait, elle est pas si bête ce n’est pas le bon moment, la conjoncture n’est pas favorable… A côté de cette recherche d’emploi elle doit s’occuper de ses trois enfants, surtout de l’Hyper troisième qui demande hyper beaucoup de temps…

Risette, elle aime lire, et aller au musée… Risette, elle aime sortir, et écouter des concerts… Risette, elle aime les bouffes entre copains, et le cinoche… Risette, elle aime balader ses enfants en pleine nature, et aller au théâtre.

Bon, depuis qu’elle est rentrée en France Risette réalise que ces copains ne l’avait pas trop attendu, mais c’est normal. Et même si c’est comme ça, c’est con, mais va falloir que Risette se refasse une vie sociale parce qu’elle en a besoin… Sinon elle va déprimer… Mais ça l’inquiète pas trop la Risette parce qu’elle est sociable de nature, vous vous souvenez premier prix du sourire et de la camaraderie…

Pour toutes ces raisons, faut que Risette se secoue, se prenne par la peau des fesses, et court un peu plus, vers les autres, vers le boulot, et se libère quelques plages horaires, parce que Risette est véritablement débordée ces derniers temps… En plus elle est comme les ours notre Risette, si l’été elle ne dort que 5 à 6 heures, l’hivers elle hiberne à 8-10 heures par nuit, forcément elle récupère…

Risette et moi ça fait quelques temps qu’on en parle, et cette nuit nous avons prit notre décision… Parce qu’elle n’a plus le temps de venir vous lire, ni de vous faire rire sur celui-ci, il va falloir qu’elle stop ce blog…

Bon, pas de panique, elle ne le ferme pas, dès qu’elle aura trouvé du boulot, elle retrouvera forcément du temps durant les plages horaires de travail, si y a Internet dans l’entreprise… Mais là, vous comprenez, elle ne travaille pas la Risette, alors forcément elle est encore débordée.

A bientôt, et bonne route à tous !

Risette.

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Je pense à Ismail.

A 5 h 25 après une nuit dans un train couchette qui puait la pisse et le poisson, nous arrivons au terminus dans le sud de Bombay, la gare est remplie…

Candide et moi cherchons un hôtel, puis nous errons dans la ville à la recherche désespérée d’un tchai shop ouvert.

On escalade des corps jonchés sur le sol, corps d’adultes, d’enfants, de bébés, de chiens...

Tous dorment, sous des couvertures ou des papiers le long des trottoirs. C’est triste et difficile vraiment... Parfois un enfant joue dans le caniveau à côté de ses parents qui dorment encore…

Mon second fils, âgé de 5 ans, escalade sans broncher, pas une question.. Est-ce qu’il les a vu ?? Je ne sais pas. ( A ce jour, il n’a toujours pas évoqué cet aspect de l’Inde !).

Finalement, Candide nous propose un café au Taj mahal, l’hôtel le plus luxueux de l’Inde.

Nous voici dans nos habits crados d’une nuit de train, les cheveux décoiffés et la tête défoncée de fatigue dans le plus luxueux hôtel de L’Inde. C’est un palais magnifique, de larges escaliers, des tableaux, des statuts. C’est absolument exquis, raffiné, pas comme on France ou l’on charge souvent trop, c’est délicat…

Ismail nous reçoit et nous installe à un etable près d’une fenêtre.

Mon fils et moi partons aux toilettes, situé à 800 mètres de la salle à manger ; nous arpentons les couloirs du taj mahal !

De vraies toilettes à l’Occidental, avec du PQ ! Je n’ai jamais trouvé du PQ aussi doux..

Nous irons au toilette 3 fois juste par plaisir..

Nous commandons 1 café. Un  vrai café ! Ils savent le faire !! Jamais café ne m’a paru meilleur… Un chocolat chaud pour mon fils.

Ismail nous conseil le buffet, mais on lui explique gentiment que nos finances ne nous le permettent pas. Qu’à cela ne tienne, il nous propose de prendre une corbeille de petits pains pour 1 personne et nous promet de nous la remplir généreusement. Il fera mieux que ça, puisqu’il nous la ré emplira au fur et à mesure que nous la vidions... 

Imaginez en France au George V à paris la même chose !!

On reprend le chemin de la sortie, des enfants fouillent les poubelles..

Y a pas à dire le luxe a du bon du très bon, mais l’Inde est un pays de contradiction et on en prend plein la gueule !!

Mon fils a oublié sa casquette dans les toilettes du taj mahal, nous y retournons et de 4 fois, si ce n’est pas un acte manqué ça ?

Merci Ismail, de nous avoir gâté ce jour là, je n’oublierai jamais ce geste venu d’un homme certainement bien plus pauvre que moi !!!

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27 novembre 2008

Attention Question !

L'écriture de l'histoire influence t-elle son cours ?

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26 novembre 2008

Thème univesel

Aujourd'hui on tombe sur mon blog avec cette recherche qui me fait bien rire...

ma soeur est chiante

Mais non, mais non, si peu... A peine... Non, vraiment, j'insiste... Je mens, bon, un chouilla alors, non mais vraiment, c'est presque imperceptible !!!!

Mais c'est pas moi qui l'est dit, non ! J'ai pas dis ça, bon alors je l'ai pas dit fort hein ?

Je ne peux m'empêcher de mourir de rire...

Sauf que ça vous ramène à l'article que j'ai écrit sur ma grande copine Candide, et ça c'est moins drôle...

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25 novembre 2008

Drapeau à l'autre bout du monde !!!

J'ai un nouveau drapeau qui vient me lire du bout du monde...

Et je voudrais qu'il arrête de me narguer...

Qu'il ne vienne plus me chercher avec ses plages ensolleillées, et ses palmiers...

Les Philippines c'est même pas mon rêve d'abord, alors !!!

En plus elle me manque ! Alors c'est narguer deux fois !!!

A part ça j'adore ces drapeaux !!!

Ps : vous connaissez comme pays N/A ????

drapeaux

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23 novembre 2008

Mystère.

- Risette ?

Je lui tourne le dos, mais je reconnais cette intonation, la voix a changé un peu, pas le ton.

Je suis mal à l’aise, je sens que je tremble, je prends du temps à me retourner, comme pour me donner du courage. Je voudrais cacher cette gène, mais je sens déjà les pommettes rougirent.

Ses yeux bleus me sourient, le même regard, un peu plus souriant, c’est étrange. Il n’est plus brun, il est chauve. C’est lui et ce n'est plus lui. Il semble toujours ténébreux.

Je veux prendre un air détachée, mais la voix reste bloquée dans le fond de mon estomac complètement nouée.

Je n’arrive pas à avaler ma salive.

- Tu es en vacances dans le Nord ?

C’est bizarre qu’il dise ça, comment sait-il que j’ai quitté le nord ? Je ne sais rien moi sur ce qu’il est devenu. J’ai pas tellement envie qu’il sache que je suis rentrée. Si je mens, il le saura parce qu’il a su que je l’avais quitté, par quel billet ?

Je souris, il s’en contente.

- Je t’invite à boire un café ?

Ca tourbillonne vite dans mon esprit… Ai-je envie de boire un café avec lui ? De savoir ce qu’il est devenu ? S’il est marié, s’il a des enfants ? Dans le fond non, je veux garder la part de mystère, je veux garder juste le souvenir de notre histoire, pas plus. Il faut que je trouve le courage de refuser sans lui mentir.

Il s’approche de moi, me serre dans les bras, toujours le même parfum, je n’avais pas oublié cette odeur, elle est gravée à jamais, j’en rencontre de temps en temps je replonge dans le passé.

Il chuchote :

- Tu as raison.

Il s’éloigne un peu et ajoute :

- Tu n’as pas changé.

J’avais 18 ans à peine, et il m’offrait des jonquilles. Je n’ai jamais su pourquoi exactement… Nous allions au marché de Wazemmes, parce que nous aimions son côté populaire, nous allions à Hardelot dans sa voiture de sport jaune, il y avait un appartement.

 

On parlait peu, on se comprenait bien. Et parfois persistait une part de mystère qui faisait la richesse de notre complicité.

Il a disparu, sans ajouter un mot.

Sans doute est-il allé rejoindre sa voiture rouge, parce qu’il était collectionneur de belles voitures. Et moi, je n’y connaissais rien…

 

Un souvenir d’amoureux doit rester un souvenir. C’était une jolie histoire qui dura quelques temps, nous parlions peu, nous nous comprenions bien, et doit persister une part de mystère qui fait la richesse de notre souvenir.

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22 novembre 2008

Fini !

Je ne suis plus de gauche !

La Honte !

Comment ouvrir la porte au second mandats de not' président ?

Demandez aux socialistes, ils vous le diront !!!

Je suis écoeurées de leur fraternité, camaraderie, la force du combat qui les unis...

Je jette l'éponge...

Vive Sark... Sa...

Oh putain j'y arrive pas ...

Je m'entraine d'ici 2012...

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20 novembre 2008

Attention Question !

Blog en Grève !

Service minimum !

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13 novembre 2008

Attention Question !

Est-il raisonnable de partir passer l'hiver sur une plage de cocotiers au soleil à l'autre bout du monde ?

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09 novembre 2008

« Gardes-moi ! Quoi qu’il arrive gardes-moi ! »

4ème trimestre 2008.


- Un grossesse normale ?

- Oui.

- Il est né à terme ?

- Oui.

- Un accouchement naturel ?

- Déclenché.

Regard accusateur.

- Pourquoi ?

- Parce que j’avais des contractions depuis plus d’un mois, et je ne dormais plus la nuit.

Sceptique.

- Ah… Bon, et ensuite pas de complication ?

- Non.

- Il pesait combien ?

- 2kg9

- Il était petit alors ?

- Une crevette.

- Et au niveau de l’alimentation, l’avez- vous allaité ?

- Non.

Regard accusateur.

- Même pas un peu ?

Je te demande pourquoi t’as allaité tes gosses ?

- Non.

- Et les repas se passaient bien ?

- Je ne m’en souviens plus…

-  … ?

Regard accusateur de nouveau.

Oui il a 6 ans maintenant, les repas d’y a 6 ans de mon dernier d’une fratrie de 3, non vraiment ça m’est passé au dessus, j’ai une vie moi…

- Bein j’imagine que oui, sinon je m’en souviendrais, non ?

- Bon, -agacé- et ensuite ?

- C’était un enfant difficile il pleurait beaucoup – j’ai déjà raconté ça deux cents fois, ça me gonfle de re-re-…-re raconter – il dormait peu, il a fait ses nuits à 4 ans et demi. Très nerveux.

- Vous deviez être épuisée ?

- Oui. Epuisée !

- Vous n’avez rien essayé ?

Mais pour qui tu me prends, pendant 4 ans j’ai un gamin qui ne dort pas, et je souris bêtement au pied de son lit ?

- J’ai dû voir une bonne vingtaine de spécialistes, ils n’ont rien constaté, rien tenter, rien d’anormal. Quelques examens aléatoires sans résultats, alors ils abandonnaient.

- Et ensuite vous bougez tout le temps avec votre mari ?

Le ton est très réprobateur.

C’est drôle, par principe, bouger accentue les problèmes de votre enfant, dans la tête de tous les médecins. Dans ma tête, nous lui avons apporté un avantage extraordinaire, notamment l’adaptation.

« Tout le temps », n’exagérons rien, 3 fois en 6 ans. Certes, pour qui est né, vivra, et mourra dans sa rue, c’est difficile à concevoir, mais moi qui ai bougé, j’affirme : y a des gens qui bougent plus.

- Et maintenant son papa, il travaille ici ?

- Il va continuer à bouger, il n’a pas le choix.

- Mais alors vous serez seule avec votre fils toute la semaine ? ?

Le ton est très réprobateur, c’est drôle, par principe, ne pas bouger accentue les problèmes de votre enfant dans la tête de tous les médecins. Dans ma tête on fait ça pour tenter de lui apporter le meilleur de ce qu’on pourra lui offrir.


Septembre dans les années 90.


« Gardes-moi ! Quoi qu’il arrive gardes-moi ! »

Je me réveille brutalement. Une voix aiguë, douce, ferme. C’est un ordre qu’on vient de me donner.

Je me lève. Cette voix qui raisonne. Une fille, sûr une voix de petite fille. Un enfant.

Elle raisonne en moi, toute la journée, à l’école mes élèves n’arrivent pas à ôter cette voix de ma tête.

Dans la soirée, je raconte à l’Homme. Elle est encore là.

J’écrie sur un cahier. Cette voix qui ne s’en va pas. Cette fille, un ange ?


Octobre de la même année.

Je suis malade. J’ai rendez-vous chez le médecin.

- Je vais vous donner des médicaments.

- J’essaie d’avoir un enfant docteur, alors allons-y mollo sur les médocs.

- Etes-vous vacciner du ROR ?

- Non.

- Bon, de quand datent vos dernières règles ?

- 1 semaine.

- Je vous vaccine.

- Ah ?

- Mais pas de bébé pendant 3 mois !

- Et si je suis déjà enceinte ?

- Depuis quand essayez-vous d’avoir un enfant ?

- 1 mois.

- Bon, aucune chance alors.

Trois semaines plus tard, ces putains de règles n’arrivent pas. Le test pharmaceutique confirme la présence d’un début de grossesse.

Je cours chez le médecin, prise de sang…

Le verdict tombe :

- Il faut avorter ! Vous ne pouvez continuer cette grossesse.

- Putain, mais pourquoi n’avez vous pas vérifié avant, pourquoi n’a t-on pas attendu la fin du cycle ?


Je pleure tout le temps. Je maigris. Je prépare mon ITNVG. Interruption Thérapeutique et Non Volontaire de Grossesse.

Je déprime. Je ne sors plus. Je ne vois plus ni mes amis, ni ma famille.

 

Et puis cette voix, cette petite-fille, tout à coup, elle raisonne, revient, claque dans la tête.

« Gardes-moi ! Quoi qu’il arrive gardes-moi ! ».

Je fais des recherches. A Paris le docteur Eléphant fait une étude sur l’impact du vaccin ROR sur le fœtus. Je fais collection d’éléphants, c’est mon animal favori, il m’impressionne, c’est un signe. L’étude tends à prouver que le vaccin n’a pas d’impact sur le fœtus. Mon docteur n’y croit pas. ( Par peur du procès ?). Le professeur du service de la clinique non plus.

 

« Gardes-moi ! Quoi qu’il arrive gardes-moi ! ». Un mois avant d’arriver, elle m’a prévenue. Je la garde cette petite fille, contre avis médical. Ce fœtus de 3 semaines sera ma petite fille à la voix aiguë.

Grossesse ultra- surveillée.

 

Neuf mois plus tard, une charmante petite fille est née. Elle a hurlé, elle ne sera donc pas muette. Sa voix était aiguë, douce. Elle a été suivi pendant ses trois premières années, et a participé à l’étude du Docteur Eléphant. Cette petite-fille est en très bonne santé.


 

Dans les années 2000.


Le matin où mon dernier fut conçu, c’est ma voix qui m’a réveillée, je regardais mes enfants dans le jardin en Bretagne, j’en avais trois : 2 garçons et une fille, ils avaient une quinzaine d’année. Et ma voix pensait:

« Nous sommes heureux quand même ! »

Ce quand même me travaille depuis 6 ans. Parce que neuf mois plus tard, le deuxième garçon est bien né… Alors pourquoi « quand même » ?


Cette intrusion permanente dans la vie de parents, c’est insupportable.

Parce que votre enfant n’entre pas dans une case, on vous conseille, on vous juge, on vous oriente, on vous pose des questions parfois intimes, parfois dirigées. On vous ordonne, on vous explique. On vous reproche des tas de choses même futiles : mangeait-il bien les premiers mois de sa naissance ? Est-ce que c’est si bête de penser que si ce ne fut pas le cas, je m’en souviendrais, il ne dormait pas et je m’en souviens, non ?

Les médecins sous-entendent un tas de choses qu’ils n’expriment jamais vraiment, et vous, vous faites la fin du travail. Et forcément, vous imaginez le pire.

Les angoisses vous réveillent la nuit.

Les larmes coulent toutes seules à n’importe quel moment de la journée.

L’estomac est noué.

C’est une souffrance invisible qui vous envahie.

 

Vous travaillez dur avec le petit. Vous cherchez, vous vous renseignez, vous lisez. Chacun y va de son grain de sel, mais en même temps, comme vous êtes dans le flou, vous prenez la salière entière dans un coin de la tête.

Vous cherchez des bouquins, pour lui, pour nous. On a du rater une étape. Juste une, on va la repasser. Et hop tout ira bien.

 

D’ailleurs, nombreux sont ceux qui vous le disent, si c’était mon enfant, il ne serait pas dans cet état, parce que : « eux auraient réagi autrement ! » ( entendons : mieux !).

 

Et puis mon fils est têtu, capricieux, il ne fait que ce qu’il veut (c’est si facile comme explication, non ?)

Cette nuit la deux mille ième insomnie m’a convaincue.


 

Il faut que je navigue à l’instinct. Mon instinct fut toujours le bon… Ma petite voix m’a toujours guidée. Il ne faut pas que je me laisse trimballer à droite et à gauche par tous les médecins.

Je suis la mère de cet enfant de 6 ans qui ne rentre pas dans la case. Je le connais mieux que n’importe quelle personne qui s’occupe ou non de lui. Je suis la seule à avoir toutes les cartes en main.


 

Je connais l’avis de l’instit : «Il essaye, je suis étonnée parce qu’il essaie vraiment»…

L’avis de l’entraîneur de rugby : «Il est où le père du petit ? Incroyable le petit ! Une progression fulgurante ! Il essaie dur ! Vraiment incroyable ! Il est balèze le petit ! Vous nous le ramenez pour les matchs, hein ? Incroyable lui !».

L’avis de la wii : «Bravo tu es le meilleur !» (et si la wii le dit ?!).

L’avis du papa : « Il est mignon ! ».

Des grands-parents : «Courage, vous allez y arriver !», «Donnes-le moi 5 jours et je te le transforme !», «Je vais retravailler son chacrat !», « C’est qui celui-là, il est à vous ?».

Des copains : «Bonjour je suis Brigitte, la maman du meilleur ami de votre fils, mon fils l’adore !». «Bonjour je suis Nathalie, la maman du meilleur ami de votre fils, ils s’adorent !». «Bonjour je suis Émilie, la maman du meilleur ami de votre fils, il ne parle que de lui !» Mais combien d’enfants se considèrent être son meilleur ami ?

Des cousins : « Il est HYPER génial mon cousin ! ».

Du frère et de la sœur : « Y est trop mimine, mais y est trop chiant»…


Il n’y a que moi qui peut le regarder jouer 3 heures aux playmobils, l’écouter chanter une demi-heure avec émotion, l'épier en train de nager dans son bain, faisant de la salle de bain une piscine sans piper mot, suivre sa main glissant sur une feuille pour y former un dessin, l’observer lire un livre...

J’ai décidé qu’on allait arrêter de me casser les couilles parce que je ne me souviens pas s’il mangeait bien ou non, parce que je ne sais plus s’il s’est cassé le bras à 7 ou à 8 mois, parce que je ne sais pas dater avec précision le jour exact de son premier mot…

 

Le problème n’est pas dans le détail, la solution est dans l’ensemble.


 

Cette nuit j’ai décidé :

Nous serons heureux quand même !

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