De bric et de broc

3 enfants, 1 mari, pas de chien ! Notre "trépidante" vie de famille à l'étranger... Démenagements, voyages, vie quotidienne. Reflexions faites de bric et de broc!

13 octobre 2008

Mauvais parents !

A peine l’enfant est évoqué comme à paraître dans un futur, même un futur très lointain que les gens autour de vous, vous abreuvent de conseils.

Les plus âgés évoquent illico l’âge : «C’est avant les 28 ans des parents que les enfants naissent sains ».

Puis le nombre : «T’en veux combien ? Il en faut au moins 4, si tu attends trop longtemps tu ne pourras pas en avoir 4 ou 6 !».

La génération soixante huit y met son grain de sel : «Mes chéries, pensez à vous d’abord, profitez de votre vie sans enfant, vous avez bien le temps, gérez votre carrière, aujourd’hui les femme attendent le dernier moment pour faire un enfant !».

Puis, le nombre : «Pas plus de deux, tu n’as que deux mains !».

Si vous êtes en couple depuis plus de deux ans, quelque soit votre situation, sans aucune gêne, la question fatale tombe à un moment de la visite : «Et ce bébé c’est pour quand ?», engendrant parfois de grandes douleurs chez le couple médicalement assisté, ou de grands ras le bol chez ceux qui n’y pensent pas encore.

Lorsque vous n’êtes pas en couple, certaines personnes ne se gênent pas : «Mais quand est-ce que tu vas te trouver un père à tes enfants ? T’es plus toute jeune !». Entraînant une toute autre souffrance à l’enchaînement imagé des ex, des speed dating, des inscriptions sur match, des repas arrangés, des ruptures qui se bousculent en mémoire.

Répondez : «Nous n’en désirons pas, ce n’est pas notre truc !», et l’assemblée va se pencher sur votre cas extraterrestre, désire impossible à entendre pour une oreille saine. On décortique votre ‘problème’.

Puis, un jour, le désir se fait pressant. Vous c’est le premier alors fille ou garçon c’est pas votre soucis…

Pourtant une pluie de conseils parfois hilarants. «Si vous voulez une fille ou un garçon, mangez salé, mangez sucré, bois de l’eau salée juste après l’amour, mettez du sel sur le sexe du mari (entendu promis ! et fait, pas par moi, non quand même!), dormez la tête vers le lune, faites-le par derrière, par devant, faites-le 5 fois de suite le soir de la pleine lune (même avec les règles ? enfin, j’veux dire, ça marche ?), faites le poirier après l’amour… ».

Enfin, le ventre s’arrondit, vous ne voulez pas savoir le sexe, surprise jusqu’au bout, et pourtant…

« C’est une fille, c’est un garçon, parce que tu le portes en rond, pointu, par devant, par derrière (entendu ça aussi , pauvre maman, ça va la colonne vertébrale ?), parce que tu marches en canards, parce que ton caractère s’est affirmé, parce que tes cheveux sont brillants, parce que tu prends le poids dans le haut, dans le bas… »

Et puis : «Tu prends trop de poids ! Tu ne manges pas assez ! Il faut manger double, une fois pour toi, une fois pour le bébé ! Il ne faut pas manger plus que d’habitude ! Si tu ne grossis pas plus ton bébé sera chétif et en mauvaise forme ! Tu dors trop, pas assez ! Reposes-toi ! Ne portes plus rien ! Tiens-toi bien ! Sors le dos ! Pour l’accouchement, sans péri, c’est plus sain, avec péri c’est plus serein, dans l’eau c’est l’idéale, assis, c’est mieux, tel clinique est meilleure, avec le papa, c’est logique, sans le papa ce n’est pas sa place… »

Lorsque le bébé paraît… La culpabilité maternelle et paternelle est entamée le jour même…

«  Il est trop petit ! Trop gros ! Bein c'est tout son père, t'as rien fait ? Oh c'est tout sa mère, il était pas là le père, c'est l'enfant du facteur ? Il est trop beau pour être un garçon ! Quel dommage d'être si beau et de ne pas pas être une fille ! (entendu régulièrement !) Tu ne le nourris pas assez ! Ton lait est mauvais ! T’aurais dû le nourrir ! Donnes-lui à manger à la demande ! Toutes les 4 heures même s’il pleure ! Un bébé pleure pour se faire les poumons ( ?), laisses-le pleurer ! S’il pleure, prends-le dans tes bras ! Jamais dans votre lit, ce n’est pas sa place ! Vous allez l’étouffer (déjà vu ça une mère qui étouffe son enfant en dormant ?) ! Tu le couvres trop il va avoir chaud, pas assez il aura froid ! Tu l’aimes trop (entendu ça aussi) ! Sois stricte dès le premier jour sinon, il te marchera sur le pied ! A 2 mois : T’as vu, il te fait des caprices ! Et toi tu cèdes, ma pauvre, t’as pas fini ! Ne mets pas cette couleur sur un bébé ! Coupes-lui sa mèche ! Ne coupe jamais ces cheveux avant l’age d’un an ! La première coupe un soir de pleine lune ! Il marche trop tôt, il va avoir des problèmes aux hanches ! Ne le portes pas, tu vas te casser le dos ! Il est capricieux, c’est votre faute. Il est mal élevé ! De mon temps, ça ne se passait pas comme ça ! De nos jours les enfants n’ont plus d’éducation ! Jamais je ne l’aurai laisser réagir comme ça ! Ecole à 2 ans et demi ! Pas avant 4 ans, il a le temps ! Ecole libre ça va de soi ! Publique c’est plus sain ! A 6 mois alimentation variée ! Lait jusqu’au 1 an ! Arrêtes le lait dès que tu peux ! Lait de brebis ! Lait de vache ! C’est trop tôt pour une dent, tu l’as mal nourri ! Il n’a toujours pas de dent, tu as vu un dentiste ?…. ».

Lorsque vous avez un enfant handicapé (c’est le terme en France pour tout soucis, même temporaire de santé), vous multipliez par 2 cette accusation de mauvaise mère…

« Avec moi, ce serait bien différent ! Je le prends une semaine et on en parle plus ! Vous l’aimez trop ! Vous vous en occupez trop ! Vous êtes trop dur ! Vous ne vous sacrifiez pas assez ! Vous ne devriez pas travailler ! Vous n’allez pas assez vite dans les démarches ! Vous voulez aller trop vite, prenons le temps à chaque étape ! Avez-vous déjà pensé à cette méthode ? Avez-vous essayé cette technique ? Pourquoi tu ne vois pas plutôt tel médecin, il est meilleur ! Réagis comme ça avec cet enfant ! Ne lui parles pas de cette façon ! Arrêtes de le prendre pour un handicapé ! Ne faites pas confiance à mon collègue ! Faites confiance à la médecine ! Ces frères et sœurs sont trop sur lui ! Ces frères et sœurs sont trop durs avec lui ! J’ai l’ami, d’un ami de ma cousine qui a le même problème, mais lui il a fait les choses bien…

Il n’a rien cet enfant, c’est dans ta tête ! Avec tel opération tout serait déjà réglé ! Si vous étiez moins… Si vous étiez plus… ».


"Parents quoi que vous fassiez, sachez qu'on vous le reprochera !". Bettelheim (Bruno).

Oui, mais moi JE SUIS FATIGUEE DES REPROCHES, MERDE !


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Posté par risette à 05:50 - En passant par là... - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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