De bric et de broc

3 enfants, 1 mari, pas de chien ! Notre "trépidante" vie de famille à l'étranger... Démenagements, voyages, vie quotidienne. Reflexions faites de bric et de broc!

24 septembre 2008

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Française

France, le 23 septembre 2008,

Cher Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy,

Fervente admiratrice de votre politique (c’est un peu fayot, je reconnais, mais si je désire une réponse, c’est préférable…), je me permets de vous écrire pour partager avec vous mon retour en France.

Vous êtes venus à Londres au mois de juin, et vous avez lancé un appel digne de celui du Général de Gaulle, que les Français de France n’auront pas entendu, éblouis par votre femme, mais que moi française de l’étranger j’ai noté, vous adressant à nous, vous nous avez dit :

«  Français de l’étranger : ne nous oubliez pas ! ».

La phrase était certainement un peu plus développée, mais j’en ai retenu la substantifique moelle, le message essentielle, l’appel désespéré, le SOS.

Cette phrase a retentie dans ma tête, tel le discours d’Obama à Berlin. Il est des discours qui ne s’efface jamais.

Nous avons donc décidé de rentrer en France…

Je passe les détails et les raisons, j’admets que seule votre venue à Londres n’a pas entraîné notre décision.

Le jour de notre départ, il fut facile à la France, de nous rayer, la sécurité sociale nous a réclamé notre belle carte vitale alors toute neuve, la Caisse d’allocation familiale nous a considéré comme disparus du système, nous et nos trois enfants. Seuls -et ils en furent bien inspirés- les impôts ne voulurent pas nous éliminer du système, et nous devions déclaré nos revenus gagnés en France chaque année.

Notre retour s’avère beaucoup plus compliqué.

Nous aimons la France, et combien nous sommes heureux de retrouver amis, famille, je ne pourrais vous le transcrire si facilement par écrit.

Impossible de louer un appartement en France, parce que les revenus gagnés à l’étranger ne peuvent être pris en compte par les assurances loyers impayés.

Impossible d’ouvrir un compte bancaire sans adresse. Notre compte en banque anglais ne les intéresse pas, et ils ne peuvent nous fournir chéquiers, carte bancaires, et autres outils utiles aujourd’hui pour vivre en France. Soit, nous vivrons en liquide, rien ne nous effraie !

Sans appartement, pas d’école pour nos trois enfants puisque pour inscrire un enfant à l’école il faut une adresse.

Sans compte bancaire, difficultés d’avancer caution+loyer+frais d’agence de location. Je fais partie de ces français qui ont la chance d’avoir des parents qui peuvent nous cautionner, est-ce réellement, le cas de tous Français vivant à l’étranger ?

Parce que je n’étais pas en France durant le mois de Juillet, nous ne pourrons bénéficier de l’allocation rentrée scolaire. Est-ce vraiment utile de faire manquer un mois d’école à mes enfants, l’école en Angleterre ne finissant que le 23 juillet, pour une allocation alors qu’ils sont tous les 3 rentrés le 2 septembre dans leur écoles respectives ?

Mon troisième enfant, au CP, nécessite un accompagnement en classe étant confronté à une surdité importante. Monsieur le Ministre de l’Education National Monsieur Xavier Darcos offre justement une aide aux enfants dit « handicapés », c’est une excellente initiative, mais il a réduit considérablement les budgets. Pour mon fils, je suis sauvée, en effet, s’il est sourd, ce n’est pas suffisant pour être aidé, car de nos jours en France seul un sourd des deux oreilles à une chance de pouvoir bénéficier de l’allocation permettant la venue d’une assistante de vie scolaire. Ouf ! dans notre malheur, un grand bonheur : il est bien atteint des deux oreilles ! Mais pour obtenir une aide, la demande doit se faire en mai précédent la rentrée, ce que je tenta bien de faire, mais n’étant pas en France, on me le refusa. Si la psychologue scolaire, la maîtresse, le médecin scolaire, l’enseignant référent, la directrice de l’école furent très rapides et très efficaces pour finaliser au plus vite le dossier…  Aujourd’hui mon dossier rencontre une difficulté supplémentaire qui se nomme : la sécurité sociale.

Nous faisons parti de ces Français privilégiés qui comptent dans leurs connaissances un grand Professeur spécialisé dans les problèmes auditifs, nous avons donc obtenu un rendez-vous rapidement, avec un des plus grand spécialiste, il pourrait aider notre fils, lui permettant ainsi, peut-être de sauver son CP. Mais notre dossier rencontre une difficulté supplémentaire qui se nomme une fois encore : la sécurité sociale.

En effet, parce que nous rentrons de l’étranger nous n’avons plus de sécurité sociale. Pour la réactiver, il faut quelques papiers visiblement difficiles à obtenir, confrontés à deux administrations, anglaise et française, mais nous ne désespérons pas et nous harcelons les services concernés chaque jour depuis plus d’un mois… Sans succès… Mais l’optimisme est dans nos gênes (notez bien cher lecteur que nombreuses sont les personnes qui traduisent optimisme par « connerie », mais je ne peux m’adresser ainsi à Monsieur Sarkozy). Entre autres choses, il faut aussi travailler, je fais partie de ces Français de l’étranger ayant de la famille possédant des chèques emploi services, mais qu’en est-il des autres Français de l’étranger ?

En Uk, j’ai en effet travaillé pour le gouvernement Français, pour vous Monsieur Le Président de La République Française, vous étiez alors mon patron au Ministère de l’intérieur. Si j’ai consciencieusement déclaré mes revenus en France et payé des impôts sur ces revenus (pour ma part pas vraiment, puisque je déclarais mes revenus avec mes 3 enfants et mon mari à charge), en revanche Monsieur Le Président de la République Française, lorsque vous étiez Ministre de l’Intérieur vous m’avez engagé dans des conditions précaires, vous connaissez bien le dossier de ces Français de l’étranger employé en tant que locaux. Mais, ce détail ne me permet pas d’ouvrir mes droits en France, alors que j’ai travaillé pour vous, et pour les Français de l’étranger, feuilles de salaires à l’appui.

Pas de cours d’anglais réservé aux enfants bilingues ! Même en classe l’instituteur enseignant l’anglais nous prie de retirer de ses cours nos enfants. Dans les cours privés, les directeurs nous rient au nez : « avec nos chansons, et nos jeux destinés à dégrossir la crainte de la langue étrangère, vos petits bilingues s’ennuieraient ». Ce n’est pas à vous, Monsieur le Président de la République Française, que j’apprendrais combien l’anglais est capital, et combien j’aimerai que mes enfants gardent cet atout. Notez aussi, ô certes la honte m’envahie, que pour mettre ma fille au collège en classe européenne, je fus obligée de donner une adresse fictive. En effet, les dérogation s’obtienne avant le mois de juin. Je fais partie de ces Français de l’étranger ayant des amis habitants dans le bon quartier, mais en est-il ainsi pour tous les Français de l’étranger ?

Enfin, une chose qui n’a aucun rapport mais qui m’indigne, c’est l’état des trottoirs de notre belle France, et plus encore de chaque centimètre carré d’herbe qui constitue nos espaces verts devenus de vrais parcs à déjections canines. Puis-je vous orienter vers la solution anglaise, qui consiste à faire passer un permis pour posséder un animal (ceci pourrait remplir quelques peu les caisses de l’état), et ce permis apprends à ramasser les déjections des chiens, une amende conséquente est donnée dans le cas contraire, et, le permis peut-être retiré. Le possesseur doit alors le repasser (ce qui de nouveau rempli les caisses de l’état, et surtout fait de l’Angleterre un pays où nos enfants peuvent se rouler dans l’herbe sans crainte !).

Cher Monsieur Le Président de La Belle République Française, puisque vous nous avez demandé de revenir, puis-je à   mon tour vous demander une faveur : Monsieur le Président de la République Française Nicolas Sarkozy : N’oubliez pas les Français de l’étranger qui veulent revenir en France !

balade29

Posté par risette à 09:24 - Come back ! - Commentaires [30] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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11 août 2008

Parfois (souvent) je suis folle…

Parfois (souvent) je suis folle…

Le jour du déménagement, j’ai conduis mon fils à un anniversaire à l’autre bout du territoire… 2 heures aller, 2 heures retour, pour 2 heures de fêtes !!! Mais il était content, ouf !

Parfois (souvent) je suis folle…

« Puisqu’on a déjà voyagé en avion et en train, on pourrait pas prendre le ferry ? »

Oh bah, mes chéris, y a t-il un truc que je pourrais vous refuser mes canards en sucre, surtout que ça rentrera dans votre apprentissage de vie (tu sais celui qui n’a aucun rapport avec l’orthographe et les maths ??).

Oui mais… Y a toujours un mais… Au lieu d’une heure trente de train, ce sera 7 heures de bus et de ferry…

Oui je sais, je suis complètement folledingue…

Ils sont super contents, alors s’ils sont contents je suis contente…

Je pars donc définitivement de la Grande-Bretagne (oh faut « jamais dire jamais », « fontaine je ne boirais pas de ton eau », je n’y reviendrais plus jamais, non, « jamais dire jamais », peut-être un jour, peut-être qui sait ?…), en bus et en ferry… Quelques nuits à Lille chez Candide (qui ne l’ai pas du tout, je vous le promets !!! Où si elle l’est, je ne sais ce que je suis moi, mais je m’en vais cultiver mon jardin, parce qu’y a du boulot !). Puis un départ en vacances, tant et tant souhaité par les mouflets… de courtes vacances, mais c’est toujours ça de chopé. Mes vacances commenceront à la seconde où nous serons dans le bus… Le voyage c’est les vacances !

Je refuse de penser objectivement à la rentrée… A quoi bon pourrir le présent, puisque le futur ne peut être avancé ?

Je suis sure que tout se passera très bien… C’est mon optimisme naturelle qui décuple lorsque rien ne va … Je suis née avec cette hormone… C’est génétique peut-être !

Suis-je contente de quitter le pays ?

Oui.

Mon expérience fut bonne, mes deux aînés sont bilingues, j’ai aimé rencontrer d’autres gens, une autre culture, un autre pays. J’ai aimé l’apprentissage scolaire, les boulots que j’ai faites ici, les vacances que j’ai eues, les amis que j’ai rencontrés, la famille des expatriés. J’ai aimé l’ouverture d’esprit apportée aux enfants comme à nous.

Je passerais sur ce qui m’a déplu, j’en parle assez souvent.

Je pense avec du recul que l’on s’est fait rouler plusieurs fois… D’abord par notre naïveté, et puis un couple avec 3 mômes, couple qui, ne parle pas anglais qui, débarque en Uk comme ça, c’est tentant…

Je regrette que l’on est dû déménager 4 fois… Mais ici, le propriétaire est roi… En tant que locataire, nous n’avions pas notre mot à dire… 

Ce sera un bon souvenir… 3 ans sympathiques, enrichissants, dépaysants…

Si c’était à refaire ?

Je referai !

Si c’était à poursuivre ? Repartir ?

Bein là justement, c’est la question, je ne suis pas sure… Non, peut-être je ne pourrais plus…

Parce que j’ai vieillis, parce que je n’ai plus le courage, parce que je ne me sens pas d’attaque…

Me ré-installer, me re-déraciner, re-découvrir un pays, ré-approcher une culture… Non, vraiment je ne suis pas sure d’en avoir l’énergie.

Et puis, j’ai vraiment envie de penser à moi, moi, moi et moi… trouver un boulot, les enfants à l’école, j’ai envie moi aussi de mon univers, de collègues, de promos… Même si j’ai bossé ici, ce n’est pas pareil, c’est sans investissement puisque ce n’est pas fait pour durer.

Et c’est peut-être là le problème numéro de la vie que l’on s’offre, tout y est temporaire, les écoles, la maison, les amis, les meubles, le boulot, le pays, la ville, nous nous condamnons à du temporaire…

Je suis contente à l’idée de parler français, parler facile, ne pas stresser avant de prendre mon téléphone de peur de ne pas me faire comprendre. Contente de parler avec les parents à la sortie de l’école, contente de demander facilement à la maîtresse si ça va bien, si son w.end fut bon, contente de rejouer un rôle chez les parents d’élèves. Pressée de trouver un boulot, même à mi-temps, inviter les copains des enfants à dormir naturellement, ne pas manger des sandwichs tous les midis, dépenser 6 sous chez emmaüs, retaper le meuble, faire des sorties de filles blondes, aller voir les copains sur la scène et les applaudir des deux mains, y rencontrer toute la bande, attendre dans les coulisses et se faire une bouffe, pouvoir partir en w.end à droite à gauche chez des potes parce que c’est facile on connaît, retrouver Delarue, Dumas, et, et, et … C’t’une blagueee… 

Ce sera moins exotique, c’est sûr, mais plus facile ça c’est certain… Après avoir reprit goût à tout ça, repartir ?

N’oublions pas que, parfois (souvent) je suis folle…

Une amie ré-installée à Paris depuis peu, jurait grand dieu que c’était fini, elle ne bougerait plus, 6 mois plus tard, elle évoquait Singapour, New-York, le Brésil… Alors y a un virus ou non ???

Pöur les vacances, je laisse mon ordi à l’homme. Bein oui, je vous l’avez dit dans le mot vacances y a pas d’Internet… Y en a deux qui suivent c’est déjà ça !

Ma question contemporaine étant déjà prête vous l’aurez jeudi à 7H01 comme toujours…

Puis allez, pour ne pas faire mariner carl, je casserai le mystère de nos vacances samedi avec quelques photos. Oui parce que notre départ véritable aura lieu samedi…

Hi !

En attendant, je dors tojours aussi bien !!!

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Posté par risette à 04:55 - Moi, Moi, Moi et moi... - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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