03 octobre 2008
Et pendant ce temps Kafka se marre !
Nous avons enfin reçu les papiers que le sécurité sociale nous réclamait… CHAMPAGNE ! Comme je l’ai déjà dit, c’est pour nous la chose la plus importante et la plus nécessaire dans notre vie aujourd’hui : réactiver notre sécurité sociale…
Sitôt reçu : sitôt sécu ! Guichet 11.
- Bein oui mais là, c’est pas le bon papier m’sieur, dame, nous il nous faut le E202*.
- C’est vous qui nous avez demandé le E101*, regardez vous l’avez écrit là.
- Bah, je ne sais pas alors, c’est p’têt que j’me suis trompé. Mais là, c’est le E105* qu’il me faudrait.
- Le : E202* ou E105*?
- J’sais pas vraiment… J’vais m’renseigner…
- …
- J’vous rappelle cette après midi et j’vous dis quoi...
- D’accord, mais nous, vous savez on attends ce numéro, on vous a déjà dit, il s’agit d’une urgence.
Il semble un chouilla mal à l’aise… Un chouilla…
En fin d’après midi, le gentil monsieur rappelle, il est désolé le E202* n’existe plus, il n’a pas besoin de E105*, mais personne dans le service ne sait par quoi il a été remplacé. Dans un premier temps, il nous conseille d’attendre (attendre quoi ?) et de garder notre NI anglais, puis d’user la carte Européenne.
Le monsieur du gaz a frappé à la porte.
- Bonjour M’sieur, dame, j’viens couper l’gaz !
- Comment ça ?
- Bein j’ai un ordre y a personne dans cet appartement, alors faut l’couper.
- Euh ? Puis-je vous suggérer de constater que nous vivons dedans ?
- Ouaip’ mais moi j’ai des ordres ! P’têt’ que vous avez oublié de vous enregistrer.
- Bein p’têt’, mais non ! Je m’en souviens bien.
- Appelez-les vite parce que moi j’vais couper.
Ils avaient bien notre dossier dans leur ordinateur (preuve de ma bonne foi), mais l’ordinateur ne l’a pas prit en compte… De fait, le logement est donc toujours vacant.
Il est gentil le monsieur parce que s’il revoit l’ordre de couper notre gaz, il nous appellera pour nous prévenir… Ouf ! On a eu chaud (ou froid !).
J’appelle ma banque :
- Bonjour, j’ai effectué deux fois les démarches pour prendre en compte un changement d’adresse, et j’ai demandé deux fois aussi, des chéquiers ainsi qu’une carte de retrait simple, et je n’ai toujours rien reçu, et mon changement d’adresse n’a toujours pas été prit en compte.
- Attendez je cherche… (10 mn). Attendez, j’me renseigne (10mn)… Attendez je regarde (10mn : « Jocelyne tu sais toi commin’qu’on fait pou’ eur’trouver l’dossier perdu » ?)… Madame ?
- Oui.
- Eu’le mieux maintenant, ce s’rait de repasser à l’agence et de recommencer eu’l’dossier parce que là, j’trouve pas la trace sur mon ordinateur de votre demande.
- Mais c’est le seconde fois que je fais cette demande, si je reviens vous aurez 3 dossiers à mon nom, dont pas un n’aboutit !
- Bein ouai, mais moi j’sais pas quoi vous dire…
Et, pendant ce temps, les Child Benefit anglais (allocations familiales) continuent à nous verser toutes les quatre semaines nos allocations… Alors que nous attendons de leur part la preuve qu’ils ne nous versent plus rien depuis août… Au téléphone ils nous promettent que c’est enfin prit en compte… Mes courriers restent sans réponse, mais ils les ont bien reçus… Alors pourquoi j’ai été payé hier ???
Les joies de notre arrivée continuent… Et Kafka se marre !
*tous les numéros sont inventés, de toutes les façons, ils n'éxistent pas ou ne servent à rien...
24 septembre 2008
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République Française
France, le 23 septembre 2008,
Cher Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy,
Fervente admiratrice de votre politique (c’est un peu fayot, je reconnais, mais si je désire une réponse, c’est préférable…), je me permets de vous écrire pour partager avec vous mon retour en France.
Vous êtes venus à Londres au mois de juin, et vous avez lancé un appel digne de celui du Général de Gaulle, que les Français de France n’auront pas entendu, éblouis par votre femme, mais que moi française de l’étranger j’ai noté, vous adressant à nous, vous nous avez dit :
« Français de l’étranger : ne nous oubliez pas ! ».
La phrase était certainement un peu plus développée, mais j’en ai retenu la substantifique moelle, le message essentielle, l’appel désespéré, le SOS.
Cette phrase a retentie dans ma tête, tel le discours d’Obama à Berlin. Il est des discours qui ne s’efface jamais.
Nous avons donc décidé de rentrer en France…
Je passe les détails et les raisons, j’admets que seule votre venue à Londres n’a pas entraîné notre décision.
Le jour de notre départ, il fut facile à la France, de nous rayer, la sécurité sociale nous a réclamé notre belle carte vitale alors toute neuve, la Caisse d’allocation familiale nous a considéré comme disparus du système, nous et nos trois enfants. Seuls -et ils en furent bien inspirés- les impôts ne voulurent pas nous éliminer du système, et nous devions déclaré nos revenus gagnés en France chaque année.
Notre retour s’avère beaucoup plus compliqué.
Nous aimons la France, et combien nous sommes heureux de retrouver amis, famille, je ne pourrais vous le transcrire si facilement par écrit.
Impossible de louer un appartement en France, parce que les revenus gagnés à l’étranger ne peuvent être pris en compte par les assurances loyers impayés.
Impossible d’ouvrir un compte bancaire sans adresse. Notre compte en banque anglais ne les intéresse pas, et ils ne peuvent nous fournir chéquiers, carte bancaires, et autres outils utiles aujourd’hui pour vivre en France. Soit, nous vivrons en liquide, rien ne nous effraie !
Sans appartement, pas d’école pour nos trois enfants puisque pour inscrire un enfant à l’école il faut une adresse.
Sans compte bancaire, difficultés d’avancer caution+loyer+frais d’agence de location. Je fais partie de ces français qui ont la chance d’avoir des parents qui peuvent nous cautionner, est-ce réellement, le cas de tous Français vivant à l’étranger ?
Parce que je n’étais pas en France durant le mois de Juillet, nous ne pourrons bénéficier de l’allocation rentrée scolaire. Est-ce vraiment utile de faire manquer un mois d’école à mes enfants, l’école en Angleterre ne finissant que le 23 juillet, pour une allocation alors qu’ils sont tous les 3 rentrés le 2 septembre dans leur écoles respectives ?
Mon troisième enfant, au CP, nécessite un accompagnement en classe étant confronté à une surdité importante. Monsieur le Ministre de l’Education National Monsieur Xavier Darcos offre justement une aide aux enfants dit « handicapés », c’est une excellente initiative, mais il a réduit considérablement les budgets. Pour mon fils, je suis sauvée, en effet, s’il est sourd, ce n’est pas suffisant pour être aidé, car de nos jours en France seul un sourd des deux oreilles à une chance de pouvoir bénéficier de l’allocation permettant la venue d’une assistante de vie scolaire. Ouf ! dans notre malheur, un grand bonheur : il est bien atteint des deux oreilles ! Mais pour obtenir une aide, la demande doit se faire en mai précédent la rentrée, ce que je tenta bien de faire, mais n’étant pas en France, on me le refusa. Si la psychologue scolaire, la maîtresse, le médecin scolaire, l’enseignant référent, la directrice de l’école furent très rapides et très efficaces pour finaliser au plus vite le dossier… Aujourd’hui mon dossier rencontre une difficulté supplémentaire qui se nomme : la sécurité sociale.
Nous faisons parti de ces Français privilégiés qui comptent dans leurs connaissances un grand Professeur spécialisé dans les problèmes auditifs, nous avons donc obtenu un rendez-vous rapidement, avec un des plus grand spécialiste, il pourrait aider notre fils, lui permettant ainsi, peut-être de sauver son CP. Mais notre dossier rencontre une difficulté supplémentaire qui se nomme une fois encore : la sécurité sociale.
En effet, parce que nous rentrons de l’étranger nous n’avons plus de sécurité sociale. Pour la réactiver, il faut quelques papiers visiblement difficiles à obtenir, confrontés à deux administrations, anglaise et française, mais nous ne désespérons pas et nous harcelons les services concernés chaque jour depuis plus d’un mois… Sans succès… Mais l’optimisme est dans nos gênes (notez bien cher lecteur que nombreuses sont les personnes qui traduisent optimisme par « connerie », mais je ne peux m’adresser ainsi à Monsieur Sarkozy). Entre autres choses, il faut aussi travailler, je fais partie de ces Français de l’étranger ayant de la famille possédant des chèques emploi services, mais qu’en est-il des autres Français de l’étranger ?
En Uk, j’ai en effet travaillé pour le gouvernement Français, pour vous Monsieur Le Président de La République Française, vous étiez alors mon patron au Ministère de l’intérieur. Si j’ai consciencieusement déclaré mes revenus en France et payé des impôts sur ces revenus (pour ma part pas vraiment, puisque je déclarais mes revenus avec mes 3 enfants et mon mari à charge), en revanche Monsieur Le Président de la République Française, lorsque vous étiez Ministre de l’Intérieur vous m’avez engagé dans des conditions précaires, vous connaissez bien le dossier de ces Français de l’étranger employé en tant que locaux. Mais, ce détail ne me permet pas d’ouvrir mes droits en France, alors que j’ai travaillé pour vous, et pour les Français de l’étranger, feuilles de salaires à l’appui.
Pas de cours d’anglais réservé aux enfants bilingues ! Même en classe l’instituteur enseignant l’anglais nous prie de retirer de ses cours nos enfants. Dans les cours privés, les directeurs nous rient au nez : « avec nos chansons, et nos jeux destinés à dégrossir la crainte de la langue étrangère, vos petits bilingues s’ennuieraient ». Ce n’est pas à vous, Monsieur le Président de la République Française, que j’apprendrais combien l’anglais est capital, et combien j’aimerai que mes enfants gardent cet atout. Notez aussi, ô certes la honte m’envahie, que pour mettre ma fille au collège en classe européenne, je fus obligée de donner une adresse fictive. En effet, les dérogation s’obtienne avant le mois de juin. Je fais partie de ces Français de l’étranger ayant des amis habitants dans le bon quartier, mais en est-il ainsi pour tous les Français de l’étranger ?
Enfin, une chose qui n’a aucun rapport mais qui m’indigne, c’est l’état des trottoirs de notre belle France, et plus encore de chaque centimètre carré d’herbe qui constitue nos espaces verts devenus de vrais parcs à déjections canines. Puis-je vous orienter vers la solution anglaise, qui consiste à faire passer un permis pour posséder un animal (ceci pourrait remplir quelques peu les caisses de l’état), et ce permis apprends à ramasser les déjections des chiens, une amende conséquente est donnée dans le cas contraire, et, le permis peut-être retiré. Le possesseur doit alors le repasser (ce qui de nouveau rempli les caisses de l’état, et surtout fait de l’Angleterre un pays où nos enfants peuvent se rouler dans l’herbe sans crainte !).
Cher Monsieur Le Président de La Belle République Française, puisque vous nous avez demandé de revenir, puis-je à mon tour vous demander une faveur : Monsieur le Président de la République Française Nicolas Sarkozy : N’oubliez pas les Français de l’étranger qui veulent revenir en France !

